L’éléphant d’Asie, une espèce menacée

MAP_LAOSAutrefois, le Laos était surnommé le Pays du million d’éléphants. Il reste aujourd’hui moins de 900 spécimens dans le pays. L’avenir du plus grand mammifère terrestre et des personnes qui en ont la charge a atteint un point dramatique. Si l’éléphant s’éteint, cela signifie la perte d’une créature merveilleuse, mais aussi la fin d’un des piliers fondateurs de la culture laotienne.

Depuis des siècles l’éléphant occupe une place à part dans la vie quotidienne et dans la culture du Laos. On lui prête volontiers des pouvoirs spirituels, et une âme quasi-humaine. Il est vénéré dans les traditions chamaniques et bouddhiques.

L’homme et l’éléphant ont de tout temps travaillé ensemble dans les forêts du Laos qui couvraient il y a encore une quarantaine d’années près de 70 pour cent du pays. Depuis toujours, les cornacs – les dresseurs et conducteurs d’éléphants – ont transmis leurs secrets de père en fils et d’anciens rituels toujours vivaces lient jeunes hommes et jeunes éléphants, souvent pour la vie. Cependant, le travail dans le bûcheronnage a contribué à la destruction de l’habitat de l’éléphant  – ainsi que des milliers d’autres espèces qui vivent dans la jungle. Au cours des dernières décennies une intensification massive de l’exploitation forestière est en train de détruire les forêt du Laos. Avec la disparition des grandes forêts, les éléphants sauvages ont perdu leurs habitat et les éléphants de bât et leurs cornacs perdent leur moyen de subsistance.

Les conséquences sont catastrophiques. Il y a deux cents ans, on estime que le nombre d’éléphants avoisinait les 50 000 têtes au Laos. Il en reste moins d’un millier aujourd’hui. Ceux qui sont encore utilisés dans l’exploitation forestière sont surmenés et souvent maltraités et leurs cornacs – autrefois très respectés pour leurs compétences et leur sagesse – ont été réduits à une vie de pauvreté et de labeur.

Il est urgent d’agir pour la protection de l’éléphant au Laos et dans la région. La Caravane des Eléphants permettra de sensibiliser à la fois les communautés rurales et le public international pour aider à sauver les derniers éléphants du Laos, en partenariat avec des organisations reconnues comme Le Centre de Conservation de l’Eléphant et l’ONG française « Des Éléphants & des Hommes ».

Riccardo Pravettoni, GRID-Arendal dans Gajah, Journal of the Asian Elephant Specialist Group Number 35, 2011